Blue Is The Warmest Colour

(La vie d'Adèle)

Winner - Palme d'Or - Cannes International Film Festival 2013

There’s a devastating mix of eroticism and sadness in Abdellatif Kechiche’s new film, which returns to the style and setting of his 2003 movie Games Of Love And Chance. It’s the epic but intimate story of a love affair between two young women, unfolding in what seems like real time.The film is acted with honesty and power by Léa Seydoux and Adèle Exarchopoulos. This is still a blazingly emotional and explosively sexy film, which reminds you how timidly unsexy most films are, although as with all explicit movies, there will be one or two airy sophisticates who will affect to be unmoved by it, and claim that the sex is ‘boring’. It isn’t.

Poster art for Blue Is The Warmest ColourThe movie is based on a French graphic novel, Le Bleu est une couleur chaude, by Julie Maroh. Adèle (Exarchopoulos) is a 17-year-old at high school in Lille, a bright, idealistic student who loves studying literature, both English and French, and wants to be a teacher. After a painful breakup with a boyfriend, Adèle goes with a gay friend to a bar, and sees a beautiful young woman with short hair, dyed blue, whom she has noticed before in the street: it is Emma (Séydoux), an art student.

Soon they begin a paint-blisteringly intense affair. Emma’s blue hairstyle means that the colour blue – a cleverly returning motif – becomes the colour of happiness. But as the couple grow up and grow apart, Emma lets the blue-dye job grow out and she reverts to her natural blonde colour. It is a bad sign: the beginning of the end.

The darker phase of their relationship is painful and there is ultimately much crying, and this looks every bit as passionate and real and un-Hollywood as the sex. I can’t imagine Jessica Chastain or Anne Hathaway ever doing the brutally authentic tears-mingling-with-snot look the way Adèle Exarchopoulos does it.

It’s a long movie, and by the end you may well feel every bit as wrung out as the characters. But it is genuinely passionate film-making.

– Peter Bradshaw, The Guardian


Trois ans après l’extraordinaire Vénus Noire, c’est avec une romance lesbienne qu’Abdellatif Kechiche signe son grand retour. La Vie d’Adèle est l’adaptation de Le Bleu est une couleur chaude, une bande-dessinée de Julie Maroh et, au dernier Festival de Cannes, il fit l’effet d’une bombe : Palme d’or incontestable, le film a totalement éclipsé ses concurrents, illuminant la compétition de son génie.

Léa Seydoux as Emma in Blue Is The Warmest ColourLa Vie d’Adèle ose la longueur – près de trois heures – et offre ainsi à ses personnages les moyens d’exprimer la complexité de leur existence, que l’on suit sur plusieurs années. Adèle est une lycéenne, Emma une étudiante aux Beaux-arts. Au croisement d’un passage piéton, les deux jeunes filles se rencontrent, se contemplent. Plus tard, elles se retrouveront par hasard au comptoir d’un bar lesbien. La mécanique est enclenchée, l’amour, affiché par des regards qui en disent long, a déjà frappé. Les évènements s’enchainent, happant le spectateur par des dialogues vivaces et des situations saisissantes. La Vie d’Adèle sait rendre l’ordinaire d’une discussion en extraordinaire moment de vie.

C’est de cette capacité à capturer le réel, à le rendre beau, à le faire cinéma, que La Vie d’Adèle tire toute sa grâce. Comme toujours chez Kechiche, la caméra à l’épaule se fait absente des situations qu’elle saisit en gros plans, décrivant sans pudeur les êtres et leurs expressions, ces regards qui veulent tout dire, la tendresse de corps en ébullition, la rage de cris qui viennent déchirer les silences. Les gueules rient, étouffent, embrassent, sont aspergées de larmes et de sueur, et viennent souligner une extraordinaire fascination de la chair, coutumière dans la filmographie sans fausse note de l’immense réalisateur.

Au milieu du film, une scène sexuelle, à l’intensité qui n’a d’égale que sa beauté, vient donner au récit la puissance des plus grandes romances – on pense évidemment à La Vie de Marianne, de Marivaux, auquel le titre fait écho. Le montage est sophistiqué, mais invisible à l’œil nu : pas de musique, seuls les souffles rythment la fusion de deux jeunes femmes en apprentissage du sexe, du désir. Lors de la diffusion cannoise, la salle entière applaudit pendant cette longue scène de sept minutes, qui décrit sans truquer les vibrations des corps et l’extase des esprits. Les deux actrices, sublimes, fusionnelles, s’abandonnent à la pulsion de leur personnage, guidé par la seule lumière de la passion.

La Vie d’Adèle est la mélodie d’un amour désaccordé, rendu impossible par ces disparités sociales qui, par la force des petits riens du quotidien, dévorent les sentiments, les détruisent. Ses personnages y parlent existentialisme, identité sexuelle et rapport aux autres sans jamais tomber dans l’excès trompeur du spectaculaire. Son regard n’est jamais faussé.

La Vie d’Adèle reste d’abord une histoire d’amour, terrible mais sublime, qui vous attrape le cœur, l’embrasse puis l’écrase. Difficile de ressortir indemne de ses magnifiques images, de la vie qui en découle, de ses sentiments qui nous perforent à jamais.

– Bruno Rit, aVoir-aLire.com

 

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