Hors-la-loi

(Outside The Law)

Nominee (from Algeria) for the 2010 Oscar for Best Foreign Language Film!

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Poster for North American release of  "Hors-la-loi" (Outside The Law)

There were riot police and more than 1,000 protesters awaiting the first screening of Outside The Law in Cannes, a sign that the French are still edgy about the exposure of past colonial sins. Rachid Bouchareb’s much-anticipated film tells the story of three brothers who lose their family farm in French-occupied Algeria and end up running the underground Algerian independence movement in Paris.

Although the film takes its politics seriously, it is also an action thriller with a fast pace, mostly set in the retro light of the late 1950s in the red-light district of Pigalle and the shanty towns around Paris. Algerian immigrants in fedoras and wide-lapelled suits behave like Mafia dons – except that their purpose is political. Each brother’s reasons for moving from pacificsm to terrorism are different: one brother is a slightly seedy boxing and club promoter; another an ex-army revolutionary; and the third a ruthless, principled man of ideas.

Early on the film shows the brothers during the massacre in Sétif in 1945 of Algerians peacefully protesting against French rule. As the FLN (National Liberation Front) gains in power and arms, the reaction of the French police becomes increasingly brutal; bombs, drownings and beatings abound.

Like any Mafia story, Outside The Law attempts to show the normal home life of its protagonists, and there are fascinating glimpses of the grim wooden shanty towns – now the banlieues of Paris – where the smart Renault car plant gets its cheap immigrant workers. The contrast between the bleached scenes in Algeria, and the constant darkness of Paris is clearly intentional.

– Kate Muir, The Times (U.K.)


Indigènes avait le mérite indiscutable d’exhumer une page occultée de l’histoire de France. Hors-la-loi, film incommode et plus courageux encore, se confronte à son propre camp. Autrement dit, celui de la cause algérienne, à Paris, vers la fin des années 50. Trois frères, qui ont perdu une partie de leur famille dans le massacre de Sétif, en 1945, se retrouvent, dans le bidonville de Nanterre. Deux d’entre eux, Messaoud (Roschdy Zem) et Abdelkader (Sami Bouajila), rejoignent clandestinement le bras armé du FLN (Front de libération nationale), tandis que Saïd (Jamel Debbouze) fait fortune en prenant la tête d’un cabaret de Pigalle.

Sami Bouajila in "Hors-la-loi" (Outside The Law)Un idéaliste enfermé dans son fanatisme, un combattant divisé et un voyou opportuniste : on a vu tableau plus glorieux. Voir, donc, le film comme une apologie du FLN serait un contresens. Hors-la-loi associe, surtout, la lutte pour l’indépendance à une souffrance, à un mal nécessaire. Ici, l’angélisme n’a pas sa place. La cause, si juste soit-elle, mène à la brutalité, à l’injustice, aussi. Le combat exige parfois d’étrangler des frères : le représentant du MNA (une organisation algérienne rivale), ou le père de famille qui a piqué dans la caisse du FLN. La référence évidente, c’est L’Armée des ombres, de Melville. Comme lui, Hors-la-loi croise le film noir avec la fresque historique. Rachid Bouchareb montre ces résistants de l’ombre comme des fantômes avec du sang sur les mains, des vivants déjà morts qui ont renoncé à toute existence « normale ». La blessure originelle, c’est Sétif, dont le souvenir resurgit lorsque la mère, survivante intraitable, dit à Abdel kader en prison : « Sois un homme ! » Parole terrible qui scelle le destin violent de son fils.

Les épisodes s’enchaînent vite, implacables. Le film devient d’autant plus poignant que les personnages, machines de guerre ou gangster, se doivent de réprimer toute émotion. Sami Bouajila, intransigeant fiévreux, et Roschdy Zem, humain malgré lui, donnent beaucoup d’intensité à leur sacrifice. « Qui a gagné ? » demande, à un moment, le colonel Faivre (Bernard Blancan), un flic intelligent qui finit en barbouze infâme. « Les cadavres », répond Bouchareb. Il est rare d’avoir sur un mouvement de libération une vision aussi sombre et glaçante.

– Jacques Morice, Télérama
 

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