MicMacs

MicMacs à tire-larigot

You have to be a bit odd to get even.

MicMacs posterJean-Pierre Jeunet est un cinéaste précieux, auquel sa poésie délirante inspirée par Jacques Prévert assure un statut aussi ludique que ceux du Britannique Terry Gilliam ou de l’Américain Tim Burton.  

 

 Interprété par Dany Boon, ici dans son meilleur film, le héros est un cinéphile dont le père a sauté jadis sur une mine et qui se prend une balle perdue dans le crâne (une ‘dragée dans le bocal’ pour rester dans le ton). Mort en sursis, il décide de pourrir la vie de deux marchands d’armes ayant pignon sur rue à Paris. Il se fait aider pour cela par une bande de truculents chiffonniers qui l’ont adopté, des déclassés à l’âme d’enfant vivant dans une caverne d’Ali Baba regorgeant d’inventions brindezingues.

Depuis Delicatessen, pas un opus de Jeunet qui ne fasse appel à ce schéma du Petit Poucet engagé dans un bras de fer contre un monstre, boucher découpant ses voisins en morceaux de viande, gros poissons de l’appât du gain sans scrupules. Humour en bandoulière mais pulsions de vengeance nichées dans le ciboulot, il orchestre un concert de trouvailles avec une maestria virtuose.

Les clins d’oeil à l’art de la caméra abondent, du doublage du Grand Sommeil (Hawks, 1946) au bidonnage diffusé sur YouTube, en passant par la science du bruitage ou du dessin animé, le pied de nez à la vidéosurveillance, la parodie d’Indiana Jones, de Mission impossible, de Sergio Leone... Sortis de Toy Story, les complices du justicier hurluberlu rejoignent la cohorte des bricoleurs au coeur simple, troglodytes loufoques mettant à profit leurs talents pour confondre les cyniques industriels du fusil, du canon, de la bombe.

En cohérence idéologique avec Un long dimanche de fiançailles qui dénonçait les horreurs de la guerre de 1914-1918, Micmacs à tire-larigot tire à boulets rouges sur les collectionneurs d’arsenaux, mais avec l’aide d’une môme caoutchouc, d’un serrurier hors pair, d’un fabriquant d’automates, d’un cascadeur casse-cou... Des tranchées transformées en charniers de corps mutilés, on passe ici à un univers plus souriant, celui d’un Paris mythologique (ponts, gares, métro aérien, toits, Moulin-Rouge) relooké aux effets numériques (comme dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain), celui des chaînes de gags et des facéties verbales. ‘C’est beau de pouvoir compter sur ceux qui comptent’, lance quelqu’un à une maniaque de la calculette.
Jean-Luc Douin, Le Monde

Micmacs is a hugely entertaining, frequently funny and dazzlingly inventive comedy-drama that’s a treat for fans of Jean-Pierre Jeunet, thanks to a delightful cast, a superb score and the director’s stunningly visual signature style. The film stars French comedian Dany Boon as Bazil, who, as a child, lost his father to a landmine. Decades later, Bazil is working in a video shop when a stray bullet lodges itself in his brain; the doctors decide not to operate, but when he leaves hospital he finds himself both homeless and jobless.

While wandering the streets, Bazil falls in with old-timer Slammer (Jean-Pierre Marielle), who introduces him to a makeshift family of scrap-collecting misfits, including human cannonball Buster (Dominique Pinon), math whiz Calculator (Marie-Julie Baup), homily-spouting Remington (Omar Sy), matronly Mama Chow (Yolande Moreau) and a contortionist with a resistance to cold (Julie Ferrier). One day, Bazil discovers the offices of two rival weapons manufacturers (Andre Dussollier and Nicolas Marie) and, realising that one made the bullet in his brain and the other made the landmine that killed his father, decides to take them both down, with a little help from his new friends.

Micmacs is virtually brimming over with Jeunet’s signature visual style, almost as if over-compensating for the relative disappointments of A Very Long Engagement. As a result, there are several wonderful sight gags, all of which are accompanied by a terrific score that incorporates the work of ’40s composer Max Steiner (fittingly, since The Big Sleep is playing in the video shop when Bazil gets shot). The performances are superb; Boon makes a terrific, slightly dopey lead and there’s strong work from Jeunet regulars such as Pinon and Moreau. In addition, the script crackles with witty dialogue and the plot works beautifully as a satire on the arms trade. Highly recommended.
Matthew Turner, ViewLondon

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