Le Père de mes enfants

(The Father Of My Children)
This remarkable film by Mia Hansen-Løve is so deceptively quiet you could miss the dreadful anguish at its heart. It begins as a low-key portrait of an independent film producer,Grégoire (Louis-Do de Lencquesaing), whose life revolves around his office in Paris, his mobile phone, and the wife and family he doesn’t quite see enough of.

Poster for "The Father Of My Children", aka "Le Père de mes enfants"

The camera, as stealthy as an eavesdropper, engagingly monitors his daily routines and shows us a man who is madly busy yet contented. The only problem, glimpsed almost in passing, is that he seems to be going bankrupt, but he claims a wealthy family he can apply to in case of a crisis. A shocking event halfway through the story completely sabotages our assumptions, and the writer-director Hansen-Løve brings a sudden cold clarity to bear in the manner of an Alice Munro short story – I can think of no higher praise – obliging us to rethink the entire drift of the film. The second half shifts the perspective to Grégoire’s wife Sylvia (Chiara Caselli) and his eldest daughter Clémence (Alice de Lencquesaing) as they try to understand his motivation and at the same time uphold the integrity of his work. It becomes moving as much for what it doesn’t say as what it does; buried beneath its magnificently composed surface is a poignant sense of self-sacrifice to a business where money will always trump art.

– Anthony Quinn, The Independent (UK)

Dans des bureaux parisiens où tous s’affairent, un homme tente de maintenir son navire hors de l’eau. Cet homme est producteur, il s’appelle Grégoire Canvel, est marié et a trois enfants. Quand les films qu’il défend peineront à trouver le soutien des financiers, il lui faudra faire face ou se retirer, agir ou renoncer.

Mia Hansen-Løve ne cache pas sa source : derrière son protagoniste se dessine la silhouette du producteur disparu en 2005, Humbert Balsan. De cette parenté, il ne faudra retenir ici que l’essence fondamentale : la chaleur et le charisme de l’individu, sa passion des cinéastes, son désir de les défendre. Personnage pivot autour duquel s’articule ce délicat récit d’un renoncement et du deuil qui suivra. En deux temps : avant et après son suicide, point de rupture et de renouveau.

De la voix timbrée et posée du comédien Louis-Do de Lencquesaing, parfait dans le rôle de Canvel, à l’apaisante clarté de la lumière de chaque cadre, le drame est ici indissociable de son contrepoint réconfortant. En deux films, Mia Hansen- Løve aura su s’imposer comme cinéaste de l’équilibre, toujours agile sur le fil tendu entre gravité et douceur, paix et chaos. Un visage gracile filmé avec tendresse et attention (juste et charmante Alice de Lencquesaing), un regard perdu, des mots ou des silences, chaque élément aussi ténu soit-il parvient à trouver sa juste résonance sur le chemin de l’émotion, sans jamais dire son nom. Ce père et ce monde-là s’installent en nous doucement et des petits riens de ces existences évoquées naît une présence lumineuse et persistante. Mia Hansen-Løve, c’est indéniable, est dotée d’une grâce considérable.

– Anne-Claire Cieutat, Evene.fr
 

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