The Woman In The Fifth

(La Femme du Ve)

What you cannot resist, you may not surive.

Poster art for The Woman In The FifthDirected by Pawel Pawlikowski, making his first film since 2004’s My Summer Of Love, and loosely based on the novel by Douglas Kennedy, The Woman In The Fifth stars Ethan Hawke as American novelist Tom Ricks, who comes to Paris in order to try and reconnect with his ex-wife Nathalie (Delphine Chuillot) and young daughter Chloe (Julie Papillon). However, Tom is shocked to discover that Nathalie has taken out a restraining order against him and things quickly go from bad to worse when he has all his luggage stolen and winds up having to stay at a dodgy hotel run by local gangster Sezer (Samir Guesmi).

When Sezer offers him a job as a night watchman in a strange location, Tom accepts and begins spending his days spying on Chloe and Nathalie in public parks. At the same time, Tom begins affairs with both a Polish waitress at the café (Joanna Kulig) and Margit (Kristin Scott Thomas), a mysterious woman in the fifth arrondissement that he meets at a literary soirée.

Ethan Hawke is perfectly cast as Tom, delivering a finely balanced, edgy performance that we can’t help liking, even though – as evidenced by Nathalie’s obvious fear of him – we quickly understand that his point of view might not be entirely reliable. Kristin Scott Thomas is equally good as Margit, though her enigmatic nature means that there’s very little to her character other than surface slinkiness (not that there’s anything wrong with that).

Pawlikowski’s slow-burning script adeptly builds an increasingly tense atmosphere, drawing you into the story and flirting with both supernatural and thriller conventions even as you gradually realise what’s actually going on, but its implications for the rest of the story are genuinely disturbing. On top of that, the film is strikingly shot, with Ryszard Lenczewski’s cinematography eschewing the usual tourist vistas in favour of some authentically offbeat Paris locations.

– Matthew Turner, ViewLondon


Kristin Scott Thomas in The Woman In The FifthPas bien. On sent très vite qu’il ne va pas bien. Que tout joue contre lui. Son avion semble n’atterrir que sur une roue. Sa femme, qu’il retrouve à Paris après une longue absence, a peur et refuse qu’il voie leur fille. Il s’obstine. Elle appelle les flics. Alors, il fuit dans les rues, s’endort dans un bus, se fait voler bagages et papiers, échoue dans un hôtel comme il n’en existe plus, qui n’existe peut-être pas, cauchemardesque, où le taulier, échappé d’un vieux film expressionniste, lui propose un job de veilleur de nuit dans un lieu bizarre, propice à des trafics probablement sanglants...

Sans doute Tom, écrivain américain en panne de tout (de vie, de lui), est-il en train de devenir fou. A moins que d’autres (mais qui ?) cherchent à le rendre tel. C’est ainsi, en tout cas, que Pawel Pawlikowski, ciné­aste polonais célèbre en Angleterre, filme son héros, défait dans un Paris hostile, sombre, un Paris anti-Woody Allen en quelque sorte, propice à toutes les paranoïas...

Rien n’est logique. Rien n’est clair. Ni Tom. Ni sa femme qui le fuit et sa fille qu’il poursuit. Ni ses rencontres. Ni son esprit. Et surtout pas cette forêt qui hante sa mémoire ou son inconscient : s’y recroqueville une silhouette rougeâtre qu’on distingue à peine, d’abord, mais dont on va deviner, peu à peu, l’identité...

Comme galvanisé par une mise en scène qui semble tisser autour du héros – et du spectateur – une toile d’araignée invisible, le roman de Douglas Kennedy se métamorphose en polar onirique. Tom dérive, délire. Il frôle sans cesse des dangers diffus. Autour de lui, l’espace rétrécit. Mais, curieusement, les dangers qui le guettent, les ennemis qui le traquent s’évaporent comme par magie. Qui ordonne les pièces du puzzle ? Lui ? Ceux qui l’emploient comme veilleur de nuit ? Ou cette femme mystérieuse, rencontrée par hasard (par hasard, vraiment ?) que Kristin Scott Thomas interprète avec une rouerie suave, une délicatesse amusée...

Ce film elliptique, rapide, n’ex­plique rien : il invente. Il invite à aller de l’avant, à effacer les apparences, à traverser le miroir pour mieux percevoir l’invisible. Pawel Pawlikowski filme des mélancolies. Celle d’une jeune femme blonde qui attend en vain celui qui ne reviendra plus. Celle de son héros, aussi (Ethan Hawke, sublime de bout en bout), qu’il n’abandonne que lorsqu’il est à bout, au bout de son errance, résigné à son sort. Il a sauvé ce qui pouvait l’être. Lui ne compte pas, ne compte plus. Comme un petit garçon apeuré, il ferme les yeux devant cette lumière qui l’aveugle et dans laquelle il se fond.

– Pierre Murat, Télérama

 

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