OTTAWA’S CINEMA FOR INTERNATIONAL AND INDEPENDENT MOVIES

Juste la fin du monde

(It's Only The End Of The World)

Official Academy Award Selection from Canada for Best Foreign Language Film

Jean-Luc Lagarce was 38 when he died of AIDS, four years older than Louis, the protagonist of his play It’s Only The End Of The World. Though he never comes right out and names the disease, Louis is going home to tell his family that he is dying. What he doesn’t realize is that they don’t want to hear it, or maybe they already know. After disappearing for 12 years, Louis may as well already be dead to his family, and how does someone in that position tell his mother that he’s going to die?

Poster art for Juste la fin du monde (It's Only The End Of The World)Adapted for the screen by Xavier Dolan, Lagarce’s play permits the ambitious young Canadian director to assemble a dream cast of great French actors: Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Léa Seydoux and Gaspard Ulliel. Shooting them almost exclusively in claustrophobically tight closeup, Dolan has tried to break free from the theatricality of the source material, while preserving the tricky language of Lagarce’s text.

The result is a frequently excruciating dramatic experience in which characters seem almost never to stop talking, and when they do, the exasperated Louis can’t bring himself to confess what he’s come there to say. Still, failure to communicate is the point here, and though there’s an entire contingent of critics who love to hate Dolan, there is a welcome maturity and a rare restraint to It’s Only The End Of The World.

During his many, long years away from home, Louis has maintained only the most superficial communication with his family.  And once we meet them, who can blame him? Baye plays Louis’ mother, a frightening gargoyle of a woman who paints her eyelids and fingernails the same cobalt blue as her necklace. Though Louis’ sister Suzanne (Seydoux) and sister-in-law Catherine (Cotillard) anxiously await his arrival, they seem at a loss of what to say when he actually gets there. His older brother Antoine (Cassal) simmers with his back to Louis, leaving his wife to fill the air with awkward small talk. 

Ulliel, who starred in Bertrand Bonello’s Saint Laurent, subsumes his natural sex appeal to play Louis as meek as possible, and as such, he earns our sympathies (he’s dying, after all). But as the story unfolds, the visit home starts to feel increasingly like a selfish act, while Antoine proves to be the only one capable of saying what’s really on his mind. It all explodes in a powerful climactic confrontation that, for all its pyrotechnic energy, manages to keep firmly, elegantly, within the aesthetic parameters Dolan has set for the film.

With It’s Only The End Of The World, Dolan may exhaust his audience, but he has also achieved a completely unexpected catharsis. Standing there on the grave of dreams, he knows why the caged bird sings.

– Peter Debruge, Variety

 


Parmi les films les plus attendu du festival de Cannes, Juste la fin du monde, sixième long métrage de Xavier Dolan est aussi le premier où nul accent québécois ne retentit car les acteurs sont tous français. Il y a déjà un petit miracle dans la préservation du style du réalisateur sans sa signature sonore la plus repérable. L’équilibre, plutôt le déséquilibre, entre intensité et dérision, entre exubérance et désespoir, qui a fait l’éclat des films précédents, est bien là, tout de suite, dans une autre « musique ».

D’emblée, il y a aussi la force dramaturgique de Jean-Luc Lagarce, dont Xavier Dolan adapte la pièce Juste la fin du monde. Avec ce texte, reviennent les douleurs d’une époque où il était fréquent de mourir du Sida (Lagarce en est mort en 1995). Et où l’homophobie, bien plus virulente encore qu’aujourd’hui, déchirait les familles concernées. C’est dans ce contexte que le héros (Gaspard Ulliel, doux et fantomatique), âgé de 34 ans et devenu écrivain pour le théâtre, revient dans sa modeste famille provinciale avec le projet d’annoncer sa mort prochaine. Il n’a pas vu sa mère (Nathalie Baye), son frère aîné (Vincent Cassel) et sa petite sœur (Léa Seydoux) depuis douze ans. Il n’a pas jamais rencontré sa belle-sœur (Marion Cotillard), même à l’occasion de la naissance de ses neveux.

Dès son retour à la maison, la modernité du texte réside dans l’impossibilité de la moindre communication entre lui et les siens. Il n’arrive pas à dire. Ils ne veulent pas, ne peuvent pas entendre. C’est un moment de gêne absolue et d’hystérie impossible à contenir, un moment où toutes les névroses familiales, les jalousies, les frustrations, mais aussi les adorations, se rejouent une dernière fois, dans le chaos le plus total.

Xavier Dolan ne commet pas l’erreur de fuir le théâtre, puisqu’il l’a choisi. Hormis une violente scène en voiture entre les deux frères, le huis clos est assumé. Mais des bouffées de lyrisme inouïes, dues au seul cinéma, viennent régulièrement suspendre l’impossible réconciliation familiale. Tout se joue sur les visages, dans les échanges de regards, d’une intensité magnifique. A chaque acteur, Dolan réussit à arracher une vulnérabilité inédite. A Vincent Cassel, le grand frère prolo et ordurier dont on aperçoit les fêlures. A Nathalie Baye, en « pot de peinture » dont la nervosité fofolle n’empêche pas une folie plus profonde. A Marion Cotillard, bouleversante en belle-sœur effacée et mal à l’aise au possible…

Depuis J’ai tué ma mère, jusqu’à Mommy, c’est la honte de soi qui sépare les membres d’une famille dans les films de Xavier Dolan. Avec Juste la fin du monde, où la noirceur prend le pas sur l’humour, la séparation est consommée, sans appel. Comme une  cérémonie des adieux. Peut-être la fin d’un cycle dans une œuvre déjà riche, d’une cohérence saisissante.

– Louis Guichard, Télérama

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